L'essentiel
L'économie chinoise a progressé de 4,5 % au troisième trimestre, selon les données officielles publiées lundi par le National Bureau of Statistics. Ce chiffre marque un rebond après un plus bas de trois ans, porté par les exportations que stimule l'essor de l'intelligence artificielle. Il reste toutefois inférieur à la croissance de 5 % enregistrée entre janvier et mars.
Ce résultat se situe dans le bas de l'objectif annuel de Pékin, fixé entre 4,5 % et 5 %. Les analystes y voient une marge de manœuvre pour les décideurs face aux difficultés économiques du pays.
Les détails
Exportations et excédent commercial
La demande mondiale de puces et d'autres composants destinés aux centres de données d'IA a allégé la pression sur Pékin et amorti l'effet d'une consommation intérieure atone. Avec la hausse des exportations, l'excédent commercial chinois devrait dépasser le record de 1,2 billion de dollars atteint l'an dernier.
Sheana Yue, chercheuse chez Oxford Economics, attribue la croissance aux exportations manufacturières et technologiques, en dépit de la faiblesse de l'investissement et des dépenses des ménages.
Le secteur immobilier reste à la traîne
L'investissement dans l'immobilier a reculé de plus de 20 % sur les neuf premiers mois par rapport à la même période de l'an dernier. L'économie chinoise peine à sortir d'une longue crise du logement, conséquence d'années de surconstruction et d'un endettement excessif des promoteurs privés. Yue ne voit aucun signe d'une fin prochaine de cette tendance.
Les incertitudes commerciales et les tensions géopolitiques rendent aussi les consommateurs chinois plus « pessimistes » et moins enclins à dépenser, ajoute-t-elle.
Un soutien budgétaire sous tension externe
En septembre, Pékin a dévoilé une série de mesures de soutien, dont des taux d'intérêt réduits pour certaines entreprises et des subventions pour les acheteurs immobiliers. Le pays fait néanmoins face aux critiques des économies occidentales, États-Unis et Union européenne en tête, dont les industriels peinent à concurrencer le flux de biens chinois bon marché.
Des inquiétudes portent également sur les milliards de dollars investis dans les infrastructures d'IA et sur la capacité des entreprises concernées à tenir leurs promesses de profits élevés.
Pourquoi c'est important
Pour un développeur ou une équipe qui construit sur des composants d'IA, cette dépendance de la croissance chinoise aux exportations de puces et de matériel dessine un risque de chaîne d'approvisionnement. Si la demande mondiale ralentit ou si les tensions commerciales se durcissent, le moteur qui compense aujourd'hui la faiblesse intérieure pourrait caler. Mon hypothèse est que les investissements massifs dans les centres de données deviennent un point de vulnérabilité macroéconomique, pas seulement une question de calendrier de livraison.
La crise immobilière et la prudence des ménages pèsent sur la consommation intérieure, ce qui rend l'économie plus exposée aux chocs extérieurs. Cela reste à surveiller pour quiconque dimensionne des achats de matériel ou planifie des capacités de calcul sur plusieurs trimestres.